Ce qu’attendent les Français de leur bureau

Espaces informels, tiers-lieux, télétravail… Les espaces et le temps de travail sont en pleine mutation. Actineo, observatoire fondé par les professionnels de l’aménagement et du mobilier de bureau, fait le point sur les pratiques et les attentes des actifs français à travers son baromètre 2017.

65% des Français actifs* interrogés par Sociovision pour le compte d’Actineo travaillent dans des bureaux fermés, dont 32% dans des bureaux individuels.

Seulement 16% sont en open space (dans les entreprises de plus de 1000 salariés les actifs travaillant en espace ouvert sont toutefois sur-représentés).

80% sont plutôt satisfaits de leur qualité de vie au travail, les critères de satisfaction étant, dans l’ordre, l’intérêt des missions, la localisation et la conciliation vie professionnelle et vie personnelle.

Seuls 17% sont très satisfaits. Les salariés interrogés sont plutôt satisfaits des « éléments de base » de leur bureau, à savoir la disponibilité des salles de réunion (80%), de l’espace à disposition pour travailler (79%), des équipements (78%), de la qualité du mobilier et de l’aménagement du poste de travail (75%) et enfin des espaces dédiés au travail collectif (74%).

En revanche, quand il s’agit des éléments concernant leur bien-être, ils sont moins unanimes : des espaces extérieurs accessibles (69%), un restaurant d’entreprise (68%) et la présence de bulles de confidentialité à proximité du poste de travail (62%).

Des espaces informels, de détente et de confidentialité à développer Les espaces de travail se multiplient au sein des immeubles de bureau.

Les répondants ont été interrogés sur ceux mis à leur disposition et leur niveau d’utilisation.

Les « incontournables », à la fois très présents et très utilisés, sont le coin café, la cuisine en libre accès ainsi que la salle de détente.

Parmi les espaces les plus attendus, que les salariés ne retrouvent pas ou peu mais dont ils auraient une utilisation forte, on retrouve les espaces conviviaux de partage informel, les jardins ou espaces verts, ainsi que les espaces de coworking, d’innovation (fablab), ainsi que les bulles et espaces de confidentialité.

Il est intéressant de noter que la salle de sport, la bibliothèque ou encore la conciergerie sont considérées comme des « petits plus », moins prioritaires et en réalité moins présents, sauf dans les entreprises de plus de 1000 salariés où ces espaces sont mieux représentés. Les tiers-lieux, adoptés par les jeunes

Les lieux de travail en dehors du bureau connaissent eux aussi un véritable boom et les entreprises devraient s’en inspirer. Ainsi, la moitié des actifs (48%) travaille parfois en dehors de leur entreprise, le soir ou le week-end.

Un quart pratique le télétravail occasionnellement, selon un cadre juridique établi dans le contrat de travail. 28% sont des travailleurs nomades réguliers, c’est-à-dire qu’ils travaillent au moins plusieurs fois par semaine hors des locaux de leur entreprise, dans des lieux comme les transports en commun, les cafés, les hôtels…

Cette transformation est accélérée par la montée en puissance des tiers-lieux, qui font déjà partie de la réalité d’environ un quart des actifs travaillant au bureau. Ainsi 31% utilise des espaces de coworking (vs 15% en 2015), 23% des fablabs (vs 12% en 2015) et 23% des incubateurs d’innovation (vs 11%). Les utilisateurs de tiers-lieux sont avant tout des jeunes (45% de 19-35 ans contre 32% du total des actifs).

Pour la totalité des actifs interrogés, ces lieux sont d’abord des moyens de rencontrer des personnes avec lesquelles développer son activité professionnelle, et de partager un mode de vie et des intérêts proches. Deux utilisateurs sur trois sont globalement satisfaits de l’aménagement de ces tiers-lieux, qui accordent selon eux juste assez d’importance, dans l’ordre, à la décoration et au design d’espace, à la qualité de l’éclairage, à la température, à la possibilité de travailler en alternant les positions assises et debout, à l’acoustique et à la qualité de l’air.

Alors, quel est l’espace de travail idéal ?

Sans surprise, l’espace de travail idéal est, pour 57% des interrogés, un poste de travail attribué dans un bureau individuel fermé, juste avant le bureau collectif de petite taille (39%) et l’open space (29%).

Le poste attribué est préféré par une très grande majorité des répondants (87%) mais 45% sont ouverts à un modèle sans bureau fixe, notamment les plus jeunes (58% des 15-24 ans sont tout à fait et plutôt d’accord).

31% préfèreraient le télétravail uniquement. 20% des actifs interrogés pensent que pour augmenter leur bien-être et leur efficacité au travail, il leur faudrait pouvoir choisir plus librement leur lieu de travail selon leurs besoins.

Le collaboratif, la santé et le bien-être ainsi que la performance individuelle sont leurs attentes clés d’un espace de travail idéal. Un « contrat de base », dont les salariés français attendent qu’il soit complété par la créativité, particulièrement pour les utilisateurs des tiers-lieux.

Les plus exigeants recherchent, à travers leur organisation de travail au bureau, l’évasion, l’alliance entre l’humain et la technologie et l’éthique et les valeurs. Le temps, un enjeu clé à ne pas négliger

Le nouveau défi des entreprises est de permettre à leurs salariés de choisir librement l’organisation de leur temps de travail. 60% des actifs interrogés pensent travailler « comme il faut », ni trop ni trop peu, mais avec des horaires jugés trop rigides et trop déstructurés. 55% souhaiteraient choisir plus librement l’aménagement de leur temps de travail, surtout dans la semaine (32%), pour augmenter leur bien-être et leur efficacité au travail.

C’est plus que ceux qui veulent choisir librement leur espace de travail (20%). « L’entreprise s’intéresse davantage à l’aménagement des espaces, qui renvoie à la multiplication des lieux pour travailler, alors que les salariés se sentent d’abord concernés par l’organisation de leur temps.

Les Français veulent bien aller vers l’entreprise libérée à condition d’y trouver leur compte. Les directions doivent l’accepter. C’est un enjeu avant tout managérial, qui dépend du positionnement stratégique de l’entreprise », conclut Alain d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique d’Actineo

Source : Ce qu’attendent les Français de leur bureau

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