Entreprise sans patrons, employés plus épanouis et productifs?

Les coûts et les pertes en productivité associés à l’absentéisme, aux invalidités et au présentéisme représentent en moyenne 17% de la masse salariale des entreprises. D’où l’importance d’agir pour favoriser la santé psychologique et physique des employés.

Chez Régitex, un fabricant beauceron de fils de haute performance, il n’y a pas de patron ni de hiérarchie. Les employés sont regroupés au sein de douze équipes reliées à diverses fonctions de l’entreprise : production, finances, recherche et développement, ventes, etc. Et chacune de ces équipes a des responsabilités et un pouvoir de décision dans son champ de compétences.

« Ici, chacun des 100 employés est un décideur, ils participent tous aux décisions », dit la propriétaire de la PME, Lisa Fecteau, qui a elle-même renoncé à son titre de présidente.

La femme d’affaires a graduellement instauré son nouveau mode de fonctionnement à partir de 2012 parce qu’elle considérait que les décisions du comité de direction n’étaient pas toujours les meilleures pour l’entreprise. Elle remarquait aussi des frustrations chez les employés. « Pendant deux ans, je les ai rencontrés à quelques reprises, en groupes de dix, sans leur patron. Ils avaient des idées et des solutions à des problèmes pleines de bon sens. Ça n’avait pas d’allure de ne pas les écouter ! »

Faire preuve de courage

Sans nécessairement aller aussi loin que Régitex, les entreprises auraient intérêt à revoir leur mode de gestion, selon Marie-Claude Pelletier. Les rôles et les responsabilités de chacun sont-ils clairs ? Est-ce qu’on communique les attentes ? Y a -t-il de la reconnaissance ? Favorise-t-on l’autonomie des gens ? Y a -t-il des mesures pour faciliter la conciliation vie personnelle et travail ? « Les changements dans le mode de gestion ou de l’organisation du travail prennent toujours un certain courage managérial, mais ils apportent plusieurs bénéfices », soutient-elle.

Ainsi, le modèle de Régitex, qui est basé sur l’intelligence collective et l’autonomie des employés, a permis de réduire le taux de roulement du personnel à presque zéro. Et les griefs déposés par le syndicat sont passés d’environ 40 par année à aucun.

« L’autonomie, la latitude de prendre des décisions et des initiatives, des attentes claires de la part de la direction, de la formation et des ressources pour bien accomplir ses tâches, un environnement social intéressant au travail sont autant de facteurs qui favorisent le bien-être au travail », énumère Marie-Claude Pelletier. L’impact est aussi positif sur la santé physique, car moins d’insatisfaction au travail diminue le risque de souffrir de diabète, d’hypertension ou d’autres maladies.

Mêlez-vous de vos affaires

Bien sûr, le travail n’est pas l’unique cause des problèmes psychologiques des employés. Mais compte tenu des effets d’une mauvaise santé mentale sur la performance et la productivité, les employeurs ont tout avantage à s’en mêler.

« Le retour sur l’investissement d’une stratégie bien structurée en prévention de la santé physique et psychologique varie entre 1,50 $ et 3 $ par dollar investi sur une période de trois ans », indique Marie-Claude Pelletier en suggérant de procéder d’abord à un état de la situation. « Il faut concentrer ses ressources et ses énergies à implanter des mesures là où le bât blesse le plus. » 

Source : Entreprise sans patrons, employés plus épanouis et productifs? | LesAffaires.com

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